De OncologiK


Nutrition
Dernière modification1 juin 2007
Ce référentiel date de plus de trois ans.
Réseaux participantsOncolor
NutritionOncolor1 juin 2007frhttp://purl.bioontology.org/ontology/MSH/D018529http://purl.bioontology.org/ontology/MSH/D015596
Espace Privé
Espace d'édition
Rédacteurs
Bibliographie
PubMed
PubMed Classic
PubMed:Etiology
PubMed:Diagnosis
PubMed:Therapy
PubMed:Prognosis
PubMed:Clinical Prediction Guides
Cismef
Publications

Ce référentiel, dont l'utilisation s'effectue sur le fondement des principes déontologiques d'exercice personnel de la médecine, a été élaboré par un groupe de travail pluridisciplinaire de professionnels du réseau ONCOLOR conformément aux données acquises de la science au 1er juin 2007.

Sommaire

Généralités

  • L'objectif d'un support nutritionnel est de maintenir l'état nutritionnel tout au long du traitement du patient et/ou de corriger un état de dénutrition.

  • L'apport de protéines et de calories répondant aux besoins est égal à :
    • 1,3 à 1,5 fois la dépense énergétique de base soit 30 à 45 Kcal/kg/jour en moyenne
    • avec un rapport glucido-lipidique d'environ 70/30 en moyenne pour la forme parentérale
    • 0,25 à 0,35 g d’azote/kg/jour soit 1,25 à 1,85 g de protides/kg/jour

Evaluation nutritionnelle

L'évaluation clinique

  • Elle est essentielle et comporte :
    • Poids habituel, poids actuel, taille. La perte de poids (1) est significative si :
      • elle est supérieure de 10 % au cours des 6 derniers mois
      • elle est supérieure à 5 % au cours du dernier mois.
        (1) Perte de poids / temps = (poids antérieur - poids actuel) / poids antérieur
    • Indice de masse corporelle (IMC) : P/T2 (m2)
      • Dénutrition modérée
        IMC de 16 à 18,5
        IMC de 18 à 21 chez le sujet après 70 ans
      • Dénutrition sévère
        IMC < 16
        IMC < 18 chez le sujet après 70 ans
    • Evaluation globale subjective (EGS)
    • Eventuellement, la mesure du pli cutané tricipital et/ou la mesure de la circonférence musculaire brachiale

L'évaluation biologique

  • Bilan ionique
  • Protides totaux
  • Bilan hépatique
  • Albuminémie (significatif si inférieure à 30 g/L)
  • NRI (Nutritionnal Risk Index ou Indice de BUZBY) NRI = 1,519 x albuminie (g/L) + 41,7 x (Poids actuel/Poids habituel) NRI ≥97,5 Pas de dénutrition
    83,5 < NRI < 97,5 dénutrition modérée
    NRI ≤ 83,5 dénutrition sévère
  • Le calcul d’indice de PINI (Pronostic Inflamatory and Nutritionnel Index)

PINI = orosomucoïde x C.Réactive Protéine / albumine x pré-albumine

Unités Orosomucoïde mg/mL
CRP mg/L
Albumine g/L
Pré-albumine mg/L
Résultats PINI < 1 patients non infectés non dénutris
PINI entre 1 et 10 patients à faible risque
PINI entre 11 et 20 patients à risque modéré
PINI entre 21 et 30 patients à haut risque de complications
PINI > 30 patients à risque vital

  • Eventuellement :
    • pré-albumine, orosomucoïde, C. réactive protéine

Evaluation globale subjective (EGS)

Interrogatoire

1. Modification du poids

Perte de poids totale au cours des 6 mois écoulés _____ kg ________ %
Modifications au cours des 2 semaines écoulées :
______ augmentation
______ pas de changement
______ diminution

2. Prise alimentaire

(par rapport aux habitudes)
______ pas de modification
______ modifiée ______ depuis _____ semaines mode alimentaire :
______ alimentation solide quasi normale ________ liquide
______ hypocalorique liquide _________ exclusive jeûne

3. Symptômes gastro-intestinaux

(depuis plus de 2 semaines)
______ aucun
______ nausées
______ vomissements
______ diarrhée
______ anorexie

4. Capacités fonctionnelles

_______ pas de diminution (activité normale)
_______ diminution ______ depuis ________ semaines type :
________ activité subnormale
________ se déplace
________ alité

Examen physique

Pour chaque élément, spécifier : 0 = normal, 1[1] minime, 2[1] = modéré, 3[1] = sevère
______ perte de graisses sous-cutanées (triceps, thorax)
______ œdème des chevilles
______ œdème sacré
______ ascite

  1. 1,0, 1,1 et 1,2 D’après Detsky et Coll

Conclusions de l’évaluation globale subjective

Classement

Dans une des 3 catégories :
_____ A = état nutritionnel satisfaisant
_____ B = malnutrition modérée ou possible
_____ C = malnutrition grave

Définition des catégories

  • La catégorie A désigne les patients dont la perte de poids est inférieure à 5 % ou supérieure à 5 % mais ayant repris récemment avec une amélioration de l’appétit ;

  • La catégorie B, les patients dont la perte de poids est comprise entre 5 et 10 % sans stabilisation ou reprise récente, accompagnée d’une diminution de la prise alimentaire et d’une fonte minime (1[1]) des graisses sous-cutanées ;

  • La catégorie C, les patients dont la perte de poids est constante supérieure à 10 % et s’accompagne d’une fonte importante des graisses sous-cutanées et de la masse musculaire ainsi que d’oedèmes.
  1. D’après Detsky et Coll

Prise en charge nutritionelle et du risque de nutrition

La prise en charge nutritionnelle d'un patient utilise différents moyens d'amélioration de son état nutritionnel. On distingue 2 niveaux de prise en charge :

Premier niveau de prise en charge : Nutrition orale (NO) - gestion du risque

  • L'intervention précoce est indispensable. Elle permet de retarder voire de prévenir l’installation d’une dénutrition. Les menus seront diversifiés, adaptés à chaque individu, proposant un choix varié et de présentation soignée. Cette prise en charge tient compte de l’état psychologique du patient, de son entourage social, des altérations des sens olfactifs et gustatifs.
    • Information du patient sur les effets du traitement et les possibilités de troubles nutritionnels
    • Conseils par une diététicienne spécialisée
    • Conseils d’hygiène de vie
    • Surveillance régulière du poids
    • Soutien psychologique
    • Compléments nutritionnels oraux : prise en charge LPPR Arrêté 10/11/00 J0.19.11.00
    • Les compléments nutritionnels oraux (liquide ou sous forme de crème) peuvent être utilisés comme apport de protéines (hyperprotéinés sous la dénomination HP, énergie...). Ils seront consommés de préférence en collation, bien frais, à distance du repas, à la paille pour les compléments liquides (ou au verre si l’effort de succion est trop difficile ou fatiguant) ou sous forme de crème en cas de fausses routes aux liquides.
      Depuis fin 2000 (arrêté du 10.11.00 au JO du 19.11.00), ils sont pris en charge pour le patient cancéreux au titre de LPPR. Il est important d’en varier les arômes ou les textures voire les marques pour éviter la lassitude du patient.

Deuxième niveau de prise en charge : nutrition artificielle (NA)

  • Quand la voie orale est impossible ou insuffisante. Elle est préférée lorsque le tube digestif est viable (ni-occlusion, ni-limitation des capacités d'absorbtion)

Nutrition entérale (NE)

(SOR)

  • Débuter la NE à 100 mL/h à augmenter progressivement. Vérifier le volume résiduel gastrique au début.

Nutrition parentérale (NP)

  • Totale ou partielle.
  • La NP n'est indiquée que lorsque l'alimentation orale et la nutrition enterale sont impossibles, insuffisantes ou contre-indiquées.
  • Sa principale complication est le risque infectieux.
  • Possibilités de nutrition à domicile (produits avec vignettes) (Arrêté du 01/03/2001).

Indications

  • Intervention chirurgicale lourde chez un patient dénutri et/ou avec jeûne prévisible ≥ 7 jours.
  • La nutrition par voie centrale est la seule technique qui permet un apport nutritif significatif pendant une longue période. C'est la seule voie à utiliser chez un sujet dénutri.
  • La voie périphérique, si le capital veineux le permet, ne peut donc à la limite être indiquée que sur quelques jours chez un malade non dénutri qui ne peut bénéficier d'un appport oral ou entéral suffisant.

    NB : nutrition entérale (NE) et nutrition parentérale (NP) ont la même efficacité nutritionnelle.
    La nutrition parentérale est plus coûteuse et plus morbide que la nutrition entérale.


    NB : dans tous les cas respect strict des règles d'aseptie, des protocoles et fiches de soins pour la mise en place et les manipulations.

Par voie centrale

  • Pour des apports > 1200 Kcal/j.

Par voie périphérique

Possible pour des durées < 10 jours
  • Si osmolarité < à 800 mosml/L
  • Si le capital veineux le permet
  • Pour des apports < ou = à 1200 Kcal/j

La surveillance nutritionnelle

  • Elle est développée dans un chapitre dédié.

Cas particuliers

Au cours de la chimiothérapie

  • Standard : conseils diététiques précoces adaptés aux troubles observés (nausée, vomissements, mucites, diarrhées, constipation).

Prise en charge diététique des nausées et vomissements

  • Il est recommandé d’éloigner les repas des séances de traitement : l’alimentation nocturne est souvent mieux tolérée.

  • L’alimentation sera fractionnée en 6 ou 8 collations réparties toutes les 2 heures au cours de la journée, entre les cures de chimiothérapies.

  • Même en présence de ces troubles il est recommandé de continuer de manger car plus l’estomac est lesté, moins il rejette d’aliments.

  • Les vomissements peuvent être déclenchés par la seule odeur ou la vue des aliments. Préconiser des repas froids, ne dégageant pas d’odeur et éviter les associations de couleurs vives (rouge/vert par exemple tomate/haricots verts). Sont à proscrire les aliments à gout fort – tel que choux, poissons frits, viandes rouges ou marinées-perçus comme écœurant.

  • Supprimer les aliments acides facilitant les vomissements tels que jus d’orange (surtout à jeun), vinaigrette, condiments....

  • Au petit déjeuner, supprimer le café au lait et les préparations riches en lait et les remplacer par un thé ou café léger accompagné d’un morceau de fromage type gruyère

  • Toute stase dans l’estomac facilite également les vomissements ; il convient donc d’éliminer toutes les grandes quantité de liquide (boire en petites quantités, lentement, réparties au cours de la journée), ainsi que tout aliment gras (charcuterie, friture, sauce, graisse cuite en général), tout excitant (café fort, alcool, épices..) aliment en gros morceaux insuffisamment mastiqués. Tous ces aliments (grande quantité, riche en graisse, fibres, morceaux, excitants) augmentent la stase et la fonction de brassage de l’estomac et facilitent les vomissements. Plus le bol alimentaire est homogène, plus la vidange gastrique s’effectuera rapidement. Les aliments seront de préférence lisses et épais pour lester l’estomac sans augmenter les fonctions de brassage, par exemple : semoule épaisse, purées de légumes, flan, potage épais, eau gélifiée, boissons épaissies, tapioca, adjonction d’épaississant....Chez certains patients les boissons à base de cola calment nausées et vomissements.

  • En cas de nausées dues aux antalgiques, il convient de vérifier que le patient n’a pas de constipation sévère ou de syndrome sub-occlusif. Dans l’affirmative donner une alimentation appropriée (voir chapitre constipation).

  • Si les nausées sont induites par des troubles du goût ou les réflexes nauséeux déclenchés par une asialie, adapter l’alimentation pour corriger ces troubles (voir chapitre précédent)

  • Si les nausées sont induites par des troubles métaboliques, l’alimentation sera modifiée spécifiquement en fonction de ces troubles :

  • Hypercalcémie : alimentation pauvre en calcium, sans lait, laitages, fromage ou glace. Le lait peut être remplacé par un lait infantile sans calcium (Locasol®) en cas de nécessité
    • Hyperurémie : alimentation hypoprotidique
    • Hyperglycémie : alimentation hypoglucidique
    • Insuffisance hépatique/pancréatique : alimentation hypolipidique

  • Enfin il est recommandé d’être au repos, voire de s’étendre quelques instants après chaque prise alimentaire.

Prise en charge diététique de la diarrhée

  • Compenser la perte d’eau et de minéraux (risque de déshydratation) en buvant abondamment en petites quantités répétées souvent : bouillon de légumes salé, tisane, thé, eau minérale ou boisson à base de cola dégazéffié
  • Consommer des aliments riches en pectines et mucilages : bouillon de carotte, décoction de riz, flocon d’avoine, tapioca, purée de carotte, riz, banane écrasée, pomme crue râpée, compote ou gelée de coing...
  • Supprimer les légumes et fruits crus, fruits secs, légumes secs, légumes flatulents (petits pois, flageolets, choux, champignons, oignons...), légumes verts cuits (épinards, haricots verts, tomates, poireaux...)
  • Supprimer boissons glacées et gazeuses
  • Remplacer le lait par du lait sans lactose, éviter les fromages frais et forts ainsi que les laitages et glaces
  • Supprimer les fritures, sauces, graisses cuites, charcuterie, mayonnaise, crème fraîche....
  • Remplacer le pain par des biscottes, supprimer pain et céréales complets

Que faire en cas de constipation ?

  • Chez les patients sous chimiothérapie recevant de la vincristine (ONCOVIN) on observe souvent une atteinte neurologique du péristaltisme intestinal se manifestant par des douleurs abdominales coliques, de la constipation ou un iléus paralytique pouvant à long terme créer un syndrome occlusif.
    Ce problème de paresse intestinale est également fréquent chez les malades sous antalgiques à type morphinique ou opiacé à haute dose.

  • Une alimentation adaptée, instaurée dès le début du traitement, participe à éviter une constipation chronique invalidante.
  • L’alimentation sera fractionnée, riche en fibres insolubles et en graisses et riche en eau : les fibres non hydratées sont irritantes mais non fonctionnelles.
    • Préférer les aliments riches en fibres : légumes verts et fruits crus ou cuits, les fruits secs et oléagineux, pain et céréales complets accompagnés d’un même volume d’eau (exemple des pruneaux secs + un verre d’eau)
    • Prendre un jus de fruits à jeun (jus de raisin, pomme ou pruneaux)
    • Grignoter des fruits secs accompagnés d’une boisson répartie plusieurs fois dans la journée
    • Eviter les aliments constipants ou pauvres en résidus (carottes cuites, riz, tapioca, banane, coing...)

Prise en charge diététique de la mucite

  • Pendant le traitement il peut apparaître des douleurs en avalant, des aphtes, une mycose buccale, votre bouche peut devenir sèche, votre salive épaisse.
    • En cas de mycose buccale, mâcher de l’ananas permet de nettoyer les muqueuses,
    • Choisir des repas crémeux, onctueux, mixer les aliments et les mouiller avec du bouillon, de la sauce ou de la crème,
    • Une cuillerée de crème fraiche ou de mayonnaise en début de repas « graisse » la bouche et aide à avaler,
    • Eviter les aliments durs (croûtes de pain, aliments panés, fruits durs...) qui peuvent vous blesser la muqueuse, les aliments acides (salade, vinaigre, jus de fruits) qui agressent la muqueuse et les pommes de terre qui « collent » dans la gorge,
    • Prendre bien soin de la bouche, des dents et gencives en effectuant les rinçages de bouche prescrits,
    • Si les problèmes s’aggravent au cours de l’évolution du traitement, la diététicienne donnera un régime adapté ; il est également possible d'avoir recours aux compléments nutritionnels oraux. Si l’alimentation devient trop difficile et insuffisante, il sera nécessaire d'alimenter par sonde alimentaire jusqu’à ce que ces troubles aient disparus.

  • Nutrition artificielle (NA) à adapter aux besoins de chaque patient ,

  • Préférer la voie entérale lorsque la voie orale est impossible.

Au cours des greffes de moëlle

Au cours de la radiothérapie

  • Pas de standard.

  • Prévenir précocement les déficits nutritionnels liés à une irradiation cervico-faciale (réduction de la prise alimentaire) ou liés à une irradiation abdomino pelvienne (modification des fonctions digestives et d’absorption) par des conseils diététiques, compléments oraux et si insuffisant par nutrition entérale.

Que faire en cas de dysgeusie ?

  • Certains traitements (chimiothérapie, radiothérapie, antidépresseurs...) entraînent des troubles du goût (pas toujours identifiés comme tels par les patients). La perception de la saveur des aliments s’en trouve altérée ou modifiée ce qui induit la baisse de consommation alimentaire voire l’anorexie.
    La dysgeusie peut être générale (toutes les saveurs sont affectées) ou ciblée sur une saveur (sucre, sel, acide ou amer). Elle peut être due à une production de salive de mauvaise qualité (épaisse ou ayant un mauvais goût) ou une hyposialie voire une asialie.

  • Les conseils seront orientés en fonction des troubles observés après interrogatoire du patient :
    • Présence de mauvais goût dans la bouche : faire un rinçage de bouche avant chaque prise alimentaire, boire de l’eau gazeuse acidulée (eau gazeuse + jus de citron) avant chaque repas.
    • Les repas paraissent fades : rechercher les aliments à goût prononcé (fromages fermentés à goût fort, charcuterie, jambon cru ou fumé....) assaisonner largement à l’aide de fines herbes (persil, thym, coriandre, ail haché...) ou épices et aromates (curry, paprika...)
    • Les aliments génèrent un goût amer : supprimer les aliments riches en purines (viande rouge, cacao...) et les remplacer par du poulet, du poisson, des œufs, des laitages (sans chocolat), quenelle, quiche, pizza, soufflé au fromage....
    • Les aliments semblent trop salés :cuisiner sans sel, éviter les aliments déjà salés par eux-mêmes (fromage, charcuterie, chips, gâteaux apéritifs, cacahuètes salées, bouillon de bœuf ou de volaille...)**Présence de goût « métallique » dans la bouche : préférer les poissons, les œufs, quenelles, quiches au fromage, ou les laitages aux viandes, les féculents (pommes de terre, pâtes, riz....) ajouter de la sauce blanche aux légumes verts, commencer les repas par un pamplemousse ou des fruits crûs.
    • Si les odeurs génèrent un écœurement : privilégier les repas froids, les salades composées, assiettes de fromage, de charcuterie, les sandwichs....
    • En cas de dégoûts alimentaires prononcés, les compléments nutritionnels oraux sont utiles pour apporter des protéines et des calories sous une forme qui ne rappelle pas les aliments. Dans ce cas ils seront présentés comme des « médicaments ».

Que faire en cas de déglutition difficile ou douloureuse ?

  • Pendant la radiothérapie tête et cou ou au décours de la chimiothérapie il apparaît des douleurs ou difficultés à la déglutition, ou peuvent survenir radio ou chimiomucite, aphtes, mycose buccale. Ces troubles sont la plus part du temps prévisibles et les conseils adaptés et anticipés sont utiles pour protéger les muqueuses buccales. Un patient prévenu, bien préparé, avec des soins de bouche adaptés pourra s’alimenter plus longtemps par voie orale. En cas de nécessité (douleurs trop importantes) il est recommandé d’avoir recours à la nutrition entérale avant que la dénutrition ne s'installe.
    • Soins de bouche fréquents (8 à 10 fois par jour) avec une solution adaptée
    • Une cuillère de crème fraîche, mayonnaise, beurre (ou autre corps gras) en début de repas, « graisseront » la bouche et serviront de lubrifiant en remplacement de la salive, permettant d’avaler les aliments
    • Aliments mixés, crémeux, onctueux, mouillés avec du bouillon, de la sauce ou de la crème fraîche
    • Supprimer les aliments « durs et tranchants » (croûte de pain, aliments panés, fruit dur, etc.) qui risquent de griffer ou blesser la muqueuse
    • Supprimer les aliments acides (salade, vinaigre, jus de fruit, alcool, tomate, condiments, etc.) qui agressent la muqueuse et laissent une sensation de brûlure
    • Supprimer la pomme de terre dont l’amidon (hydrophile) « colle » sur la muqueuse pharyngée et entretient l’irritation
    • Diminuer le sucre et le sel dans les aliments (sensation de brûlure) et supprimer les épices
    • En cas de mucite, privilégier les aliments froids, lactés, lisses, peu salés ou peu sucrés (laitages, crèmes lacées, fromages frais, Milk-shake, compléments nutritionnels oraux, ...)
    • En cas de mycose buccale, mâcher de l’ananas permet de nettoyer les muqueuses et la langue (effet des enzymes protéolytiques)

  • Adapter au cas par cas le niveau de prise en charge (niveau 1 ou 2).

Au cours des radio-chimiothérapies concomitantes

  • Il semble licite de proposer une nutrition entérale précoce lors d’une radiothérapie cervico-faciale quel que soit l’état nutritionnel car la toxicité digestive de ces traitements est responsable d’une anorexie et d’une incapacité d’alimentation orale transitoire mais certaine, souvent supérieure à 2 mois.

Prise en charge du patient devant subir une intervention chirurgicale

#Evaluation nutritionnelle#Deuxième niveau de prise en charge : nutrition artificielle (NA)#Deuxième niveau de prise en charge : nutrition artificielle (NA)#Deuxième niveau de prise en charge : nutrition artificielle (NA)Public nutrit perichir.gif

Exclusion alimentaire chez le patient cancéreux immunodéprimé et/ou en aplasie

  • Exclusion des laitages, fromage frais, produits laitiers non stérilisés, glaces, fruits et légumes crus à peau fine, viandes crues, charcuteries, fruits de mer, pain artisanal.
  • Exclusion aussi pour certains fruits à peau épaisse, épices, poivres, thé, tisane, chocolats instantanés, bonbons, potages lyophilisés riches en spores aspergillaires.
  • Pour les malades neutropéniques et/ou à risques aspergillaires rajouter à ces précautions : boire de l’eau embouteillée ou bouillie, assainissement des aliments (chaleur ou stérilisation).
  • Voir aussi dans le référentiel Hygiène, les chapitres "alimentation en établissements de santé" et "alimentation à domicile" et le référentiel "Neutropénie et/ou fièvre au décours d'une chimiothérapie".

Support nutritionnel chez les patients en cours de traitement


#Evaluation nutritionnelle#Niveau 1 de prise en charge#Surveillance#Evaluation nutritionnelle#Deuxième niveau de prise en charge : nutrition artificielle (NA)#Nutrition entérale (NE)#Nutrition parentérale (NP)Public nutrit typepec.gif


Niveau 1 de prise en charge


#Premier niveau de prise en charge : Nutrition orale (NO) - gestion du risque#Deuxième niveau de prise en charge : nutrition artificielle (NA)#Nutrition entérale (NE)#Nutrition parentérale (NP)#Surveillance#Evaluation nutritionnellePublic nutrit typepec2.gif
À propos de cette image

Alimentation des patients en phase palliative

#Nutrition en phase terminale#Obstacles des VADSPublic nutrit pall1.gif


Obstacles des VADS

#Protocoles et recettesPublic nutrit pall2.gif

Les stratégies palliatives

Aménager les prises

  • Adapter les consistances.
  • Fragmenter les prises alimentaires sur la journée.
  • Utiliser des aides techniques, préférer la petite cuillère à la fourchette ; pour les liquides recours au verre, à la paille, à la petite cuillère.

Installer convenablement le patient

  • Assis, les pieds surélevés, les hanches maintenues (éviter qu'il ne glisse).
  • Tête légèrement fléchie en avant pour que le patient regarde ce qu’il mange.
  • Si un tiers donne à manger au patient, l'inviter à se mettre assis en face du patient à la même hauteur que lui.
  • L'ambiance doit être calme.
  • Maintenir le patient en position assise 45 mm après le repas (éviter le reflux).

Les manœuvres compensatrices en cas de troubles de la déglutition

  • Meilleure protection des voies respiratoires : demander au patient de déglutir deux fois de façon consécutive ou de tousser immédiatement après l'ingestion.
  • Rotation de la tête du côté opposé au déficit moteur…

Réévaluation régulière de la situation

Objectifs

  • Protection de la personne et qualité de vie.

Nutrition en phase terminale


#Deuxième niveau de prise en charge : nutrition artificielle (NA)#Hydratation pour les patients présentant des troubles de la déglutition#Ré-alimentation per os après chirurgie ORL#Maintien d'un apport PO ?Public nutrit term1.gif


Maintien d'un apport PO ?


#Les stratégies palliativesPublic nutrit term2.gif

Protocoles et recettes

Protocole d'alimentation entérale après gastrostomie percutanée

(Source : Centre Alexis Vautrin)

Jour 0

  • 1 - Malade à jeûn
  • 2 - Pose de la sonde de gastrostomie percutanée
  • 3 - Contact avec le service diététique pour une prise en charge de l'alimentation entérale.
  • 4 - Vérifier l'état du pansement : signaler toute douleur importante.
Le soir

Passage de 250 cc de glucosé à 5 % sur 1 heure par la sonde sur une nutripompe à 200mL/heure.

Jour 1

Fonction digestive normale

Passage de 1 000 kcal dans 2 litres de produit d'alimentation entérale (avec ou sans fibre selon le cas), par nutripompe en 4 fois. Débit 200 mL par heure.

Fonction digestive altérée (patient non nourri)

Habituellement : passage de réalimentation 500 kcal sur 1 litre en 4 fois sur nutripompe.
Débit 100 mL par heure.

Surveillance

Propreté du pansement : noter si écoulement ou signe inflammatoire
Perméabilité de la sonde : passer une seringue de 20 cc d’eau (à faire avant chaque prise)
Position semi-assise pour éviter les fausses routes
Transit intestinal
Vitesse de passage du mélange.

Jour 2

  • 1 500 kcal dans 2 litres en 4 fois.
  • Vitesse de passage du mélange : 200 à 300 mL/heure.
Surveillance

Vérifier l’état du pansement
Position semi-assise
Transit intestinal
Vitesse de passage du mélange

Jour 3

  • 2 000 kcal sur 2 litres en 4 fois (par gravité si sortie prévue le lendemain)
  • Vitesse de passage du mélange : 300 mL/heure.

Jour 4

  • Possibilité de sortie à domicile si :
    • Bonne tolérance
    • Education du patient et dossier de prise en charge effectué par une diététicienne.

Ré-alimentation per os après chirurgie ORL

Alimentation solide Description des aliments Surveillance
Essai Eau gélifiée Orthophoniste
Première étape Collations - Yaourts
- fromage blanc
- petits suisses
- compote sans morceaux de fruits
- flan sans grain (semoule ou riz)
Aide soignant
Deuxième étape Alimentation mixée Aide soignant à titre occasionnel
Troisième étape Alimentation moulinée et semi-pâteuse Aide soignant à titre occasionnel
Quatrième étape Alimentation classique sans alimentation fragmentée Exclure :
- semoule
- riz
- crudités rapées
- gateaux secs, biscottes

Ajouter :
- sauces crème
- sauce oeufs
Aide soignant à titre occasionnel
Dernière étape Alimentation normale Aucune

Hydratation pour les patients présentant des troubles de la déglutition

Recette de l'eau gélifiée

Pour un litre d’eau :
  • 20 g de gélatine en poudre ou 6 à 8 feuilles de gélatine,
  • sirop ou jus de fruits.
Préparation :
  • faire chauffer ½ litre d’eau (sans ébullition),
  • mettre la gélatine,
  • fouetter,
  • ajouter hors du feu le reste d’eau et le parfum,
  • verser dans un moule froid,
  • placer au réfrigérateur.
Remarques :
  • se conserve au froid pendant 48 h après la préparation,
  • servir frais mais non glacé.

Poudre instantannée à diluer dans un liquide chaud et froid

  • disponible en pharmacie et chez les sociétés prestataires de service
  • non remboursé par la CPAM

Au total : Quelques exemples de conseils diététiques


  • Petits repas fréquents (collations) en cas de pertes d'appétit.
  • Pour augmenter en calories
  • Pour enrichir en protéïnes

Que faire en cas de perte d’appétit ?

  • Certains médicaments ou traitements, tout comme la douleur, l'anxiété et la tumeur elle même, affectent l'appétit. De plus, le fait de ne pas manger, induit la perte d'appétit qui elle même ne permet pas de manger : c’est le cercle vicieux.
    Dans ce cas, il est illusoire de vouloir manger un repas complet ; il est préférable de manger 6 à 8 fois par jour de petites quantités d'aliments de préférence riches en calories sous un petit volume. Les petits moyens ont souvent des effets notables.
  • Il sera conseillé :
    • Des petits grignotages salés : dés de jambon, de fromage ou de crème de gruyère, rondelles de saucisson, chips, gâteaux apéritifs salés
    • Des petits grignotages sucrés : flan, gâteau de semoule ou de riz, glace, fromage frais (yaourt, petits suisses, fromage blanc...), fruits secs, compotes, céréales au lait, barres de céréales...
    • D’agrémenter les plats de tranche de citron, persil, herbes aromatiques pour les rendre plus savoureux et appétissants
    • De ne pas manger seul dans la mesure du possible

Enrichir en protéines

    • Ajouter du lait en poudre (non régénéré) au lait liquide, aux purées, aux potages, aux yaourts et fromages frais, aux desserts lactés
    • Mixer les potages avec du jambon ou de la viande, ajouter des jaunes d’œufs
    • Mettre du fromage râpé, du jambon ou de la viande mixée dans les sauces, les légumes et les potages
    • Ajouter un blanc d’œuf battu en neige dans les compotes, les crèmes pour en faire des mousses
    • Ajouter des dés de jambon, d'œuf dur ou de fromage dans les salades

Augmenter les calories

  • Ajouter de la crème fraîche dans les purées, les potages, les sauces sur les légumes et sous forme de chantilly sur les crèmes, les fruits cuits, les compotes, les glaces ou dans le café
  • Mettre du beurre sur le pain, les légumes, dans les potages ou les sauces
  • Assaisonner les crudités avec la mayonnaise
  • Ajouter miel ou caramel sur les fromages frais (yaourt, petits suisses, fromage blanc), sur les compotes, salades de fruits ou desserts lactés et glaces.
  • Augmenter la consommation d'aliments riches en protéines (viandes, poissons, œufs, produits laitiers) et/ou enrichir les potages, purées, dessert avec lait en poudre, œufs, fromages...
  • Eviter les aliments trop chauds, trop sucrés, trop acides, trop salés, trop épicés.
  • En cours de radiothérapie ou en présence de mucite : préférer une alimentation lactée
  • Modifier la texture de l'alimentation (hachée, mixée, liquide) tout en maintenant un apport hydrique.
  • Au cours de la chimiothérapie, variétés des choix, présentation des plats, repas froids si nausées.
  • Régime sans légumes et sans fruits pour les irradiations pelviennes.
  • Mouiller les aliments avec de la crème, de la sauce lors des irradiations cervicales.
  • Compléments nutritionnels oraux (s'assurer de leur tolérance).

Surveillance

  • La surveillance nutritionnelle repose sur :
    • la mesure régulière du poids
    • l'appréciation des apports ingérés
    • l'évaluation de l'amélioration des capacités fonctionnelles est un autre aspect de la surveillance
    • la recherche de la présence d'œdèmes et/ou d'ascite
    • l'ionogramme sanguin - Albuminémie - Pré-albuminémie - Glycémie - la magnésémie
    • la pré-albumine permet de juger l'amélioration nutritionnelle le plus rapidement
    • la triglycéridémie
    • les enzymes hépatiques.



Référentiels liés
Abord veineux - Activité physique adaptée et cancer - Adaptation posologique et troubles de la fonction rénale en CT - Anxiolytiques et antidépresseurs - Anxiété et troubles anxieux en cancérologie - Anémie et cancer - Arrêt des traitements spécifiques - Biphosphonates-Hypercalcémie - Cancer et fertilité - Conduite à tenir devant un trouble psychotique - Confusion - Confusion (référentiel ONCOLOR) - Douleur (référentiel AFSOS) - Dyspnée - Escarres : prévention et prise en charge - Etats anxieux et dépressifs - Etats d'agitation - Facteurs de croissance hématopoïétique - Fatigue et cancer - Fièvre et cancer - Hypertension intracrânienne (HTIC) et déficit neurologique central - Mucites et candidoses - Nausées et vomissements chimio-induits - Neuro-oncologie : épilepsie - Neuropathie périphérique et cancer - Neutropénie fébrile - Nutrition - Onco-sexologie : accompagnement des patient(e)s traité(e)s pour un cancer du sein par chimiothérapie et/ou hormonothérapie - Place des thérapies complémentaires dans les soins oncologiques de support - Prise en charge dans les 1ères 24h d'un patient pour : syndrome confusionnel, syndrome occlusif, transfusions - Prise en charge de la douleur chez l'adulte - Prise en charge de la douleur chez l'adulte (référentiel Oncolor) - Prise en charge de la précarité chez des personnes atteintes de cancer - Prise en charge du lymphœdème secondaire du membre supérieur après un cancer du sein - Prise en charge du syndrome mains-pieds induit par le sunitinib et le sorafenib - Prise en charge sociale - Prévention et prise en charge des escarres - Psycho-oncologie (organisation) - Psycho-oncologie : dépression - Reconstruction mammaire secondaire - Rééducation en neuro-oncologie - Soins bucco-dentaires - Soins oncologiques de support - Documents utiles - Sédation (place de la sédation pour détresse) - Thrombose et cancer - Toux - Toxicités des chimiothérapies : docétaxel - Troubles de la sexualité et de la fertilité - Urgences en cancérologie
Mots clés
Nutrition - support - alimentation
Localisation Mesh
Soutien nutritionnel, Évaluation nutritionnelle
Alias
Diététique - Alimentation (nutrition)